Carrière de gypse de Saint-Jean-de-Maurienne

Située sur les communes de Saint-Jean-de-Maurienne et de Saint-Pancrace en Savoie (73), cette carrière alimente l’usine Placoplatre de Chambéry pour la fabrication de plaques de plâtre ainsi que les cimenteries régionales.

Carrière de gypse de Saint-Jean-de-Maurienne

Chiffres clés :

  • Superficie : 41 hectares
  • Effectif : 10 salariés + une quarantaine d’emplois indirects
  • Gypse et anhydrite extraits : 265 000 tonnes/an

Le gypse : extraction et traitement 

La carrière est exploitée depuis 1981 par la société Gypse de Maurienne, autrement appelée Sogyma, dont les actionnaires sont Placoplatre  (77%), Vicat (20%) et la famille Bouttaz (3%). Son autorisation d’exploitation a été renouvelée par arrêté préfectoral le 30 mars 2012, lui-même modifié le 4 décembre 2014 pour ce qui concerne la méthode d'exploitation.

L’extraction du gypse

La carrière est située à flanc de montagne sur 300 mètres de dénivelés. elle est aujourd’hui exploitée selon deux méthodes :

  • de manière traditionnelle en fronts et gradins sur la partie basse
  • en plan incliné sur la partie supérieure pour tenir compte de contraintes géotechniques spécifiques

Peu commun, ce dernier mode d’exploitation nécessite de commencer l’extraction par le sommet de la carrière en respectant une pente de 38° maximum. L’extraction du gypse est alors réalisée à la fois par minage et mécaniquement.

Ces méthodes ont été étudiées et définies par un bureau d'études spécialisé en géotechnique.

Le traitement du gypse

L’ensemble du gypse extrait est ensuite transporté jusqu’au concasseur soit par tombereaux, soit par gerbage. Il est ensuite stocké dans des silos (3 silos sont réservés au gypse destiné à l’usine Placoplatre de Chambéry, et 1 silo au gypse et à l’anhydrite destinés aux cimenteries régionales) avant d’être chargés dans les camions.

La sécurité des travailleurs est assurée de plusieurs manières, notamment :

- Des ancrages et croix de Saint-André servant à renforcer le haut de la carrière et prévenir tout risque d'éboulement ont été installés et sont déplacés au cours de l'avancement de l'extraction.

- Des lignes de boudin coco sont aussi mises en place afin de prévenir les risques d'avalanches et de créer des zones propices pour toute la faune et la flore.

- Des écrans de retenue pour récupérer d'éventuels blocs qui se décrocheraient des parois ont également été installés.

 
La stabilité des terrains est continuellement surveillée, grâce à l'installation :

- d’inclinomètres permettant de contrôler les mouvements souterrains

- de piézomètres pour contrôler les écoulements d’eaux souterraines

- d’une station météo pour alerter lors de précipitations excessives

- de points de repère géomètre pour contrôler des mouvements de terrains éventuels

- d'un suivi photogrammétrique semestriel

- d'un suivi géologique semestriel par une société externe

- d'un tachéomètre robotisé qui chaque jour mesure un ensemble de cibles réparties sur la carrière afin de mesurer précisément les variations du terrain en 3 dimensions

Le transport du gypse

CM_0698 - 18 juillet 2012 - C Maury

Transport du gypse par train

Le gypse est transporté par camions jusqu’à la gare de Saint-Jean-de-Maurienne. Il est ensuite acheminé à l’usine Placoplatre de Chambéry, distante de 70 km, par des trains quotidiens de 1100 tonnes. Le gypse de qualité cimentière est quant à lui livré directement par camions aux cimenteries de la région.

Le choix du transport ferroviaire permet de supprimer tous les ans 11 000 camions dans la vallée de la Maurienne dont le trafic est très dense.

Une carrière respectueuse de son environnement

Suivi environnemental

De nombreuses mesures sont mises en oeuvre pour limiter l' impact environnemental  de l’exploitation et contrôler sa conformité :

le traitement des poussières : arrosage systématique des pistes, stockage en silo, bâchage des convioyeurs à bande et des camions, contrôle bi-annuel des retombées de poussières en 6 endroits ;

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Arrosage des pistes

la réduction des vibrations : plans de tirs réalisés selon la méthode des micro-retards pour diminuer la charge unitaire, contrôle des vibrations dans les habitations riveraines ;

la réduction des nuisances sonores : activité en période diurne du lundi au vendredi, avertisseur de recul des engins unidirectionnel à fréquence variable, amorçage électrique des tirs de mines en fond de trou, goulottes des silos doublées de caoutchouc, contrôle annuel en 2 endroits ;

la qualité de l’eau : stockage des hydrocarbures sur des bacs étanches, site équipé de poudre absorbante en cas de déversement accidentel d’hydrocarbure, entretien et ravitaillement des engins sur une aire étanche équipée d’un décanteur-déshuileur, contrôle annuel des eaux du bassin de décantation.

Suivi écologique

Concernant le suivi écologique, un plan de gestion conservatoire en faveur de l'espèce protégée "Thésion à feuilles de lin" a été réalisé par l'Office National des Forêts (ONF).

Ce document énonce et organise les mesures de gestion à mettre en œuvre pour assurer la sauvegarde de cette plante et de son habitat, sur une durée de 30 ans (2012-2041) :

- sur 5,3 ha de pelouses sèches et hêtraies mésophiles, situées au Sud de la carrière, hors zone d'exploitation,

- et sur la zone où des graines de thésion ont été transplantées

Il précise également les protocoles de suivis scientifiques à appliquer, qui ont été définis par le Conservatoire Botanique National Alpin (CBNA) de Gap-Charance. Les principales actions sont des actions d'entretien par pâturage et par fauche tardive, ainsi qu'un suivi écologique.

Des bilans réguliers sont réalisés pendant toute la durée de l'exploitation de la carrière, jusqu'à sa remise en état, et communiqués à l'Administration.

Remise en état

Sécuriser et réhabiliter la carrière pour lui redonner sa vocation initiale d’espace vert s’inscrit dans la démarche environnementale de Sogyma. L’objectif final est de réaménager la carrière en harmonie avec le paysage local.

Le réaménagement est réalisé au fur et à mesure de l’avancement du plan incliné : il est coordonné à l’exploitation, ce qui permet à la fois de limiter les surfaces en chantier et de favoriser l’intégration paysagère en ensemençant les talus rapidement. Le plan a été réalisé par une agence spécialisée en paysage, selon les recommandations d'experts pour garantir la stabilité des sols, la réimplantation de la faune et de la flore en privilégiant la biodiversité (bois, prairies, haies, bassin...) et la gestion des écoulements des eaux.

Il prend notamment en compte :

- la création de prairies et pelouses, bordées de quelques haies arbustives ;

- la mise en sécurité par purge des fronts de taille, la création de talus de protection en bordure du chemin, le démantèlement des installations ;

- le profilage des terrains au plus proche de la topographie d’origine de la carrière, le remblayage par des terres issues du site et la conservation de fronts propices à la nidification ;

- la végétalisation avec la reconstitution de prairies sèches d’autrefois qui abritent des espèces protégées, des plantations arbustives en lanière suivant les courbes de niveau, comme aux alentours du site, la reconstitution d’une pinède en amont et la plantation de feuillus ;

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Plantation d'un chêne

- la reconstitution du chemin reliant Pierrepin à Saint-Pancrace une fois l’exploitation de la carrière terminée.

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Photomontage du réamnégament final, vue d'en face

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